Interview de Bill Lawrence : il ne mâche pas ses mots !
Par Gray le 18/05/08 à 18:46
Bill Lawrence a donné il y a quelques jours une interview à Mickaël Ausiello, de TVGuide. Il balance pas mal sur NBC et ses pratiques douteuses pour la série, et donne beaucoup de pistes sur la saison 8.
Attention, spoilers potentiels sur la fin de la saison 7.
Pourquoi cela a-t-il été si long de faire l'annonce de la saison 8 ?
Bill Lawrence : De ce que j'ai compris, d'un point de vue légal, c'était très important de ne rien annoncer officiellement jusqu'à ce que la diffusion soit terminée sur NBC.
Qu'est-ce qui a mené à la rupture avec NBC ?
B.L. : Quand la grève s'est terminée, nous avons dit à NBC que, même si vous avions sept autres épisodes de prévus, nous pouvions les réduire en trois épisodes, et ils n'ont tout simplement pas montré le moindre intérêt. Je suis carrément blasé qu'ils n'aient rien à f**tre d'une série qui a été sur la chaîne pendant sept ans et qui leur a fait gagner des millions de dollars. Et j'aurais été plus méchant si ça n'avait pas bien tourné pour nous.
Ils ne voulaient pas finir le tournage ?
B.L. : Non seulement ils ne voulaient pas finir le tournage, mais ils ont pris un épisode qui était censé être diffusé en milieu de saison - l'épisode conte de fée - et ils en ont fait la promotion en tant qu'épisode final de la série. Ce qui était une con**rie. Çe n'était pas censé être l'épisode final de la série, et encore moins celui de la saison, et je pense qu'il a fini par être jugé sévèrement à cause de ça. Si ça avait été vendu comme un épisode normal je pense que les gens auraient pensé que c'était sympa et marrant.
J'ai eu l'impression que NBC souhaitait vous laisser un épisode pour tout finir. Non ?
B.L. : Eh bien, voilà le truc. Quand la grève s'est terminée, NBC a dit, "Vous pouvez tourner un final d'une heure, mais nous en paierons seulement la moitié." Ils voulaient que les studios d'ABC payent tous les frais, et ABC a dit que c'était inacceptable. Et ce fut d'autant plus éprouvant que Scrubs avait de meilleurs résultats [d'audiences] que 30 Rock et Earl - même si j'adore ces deux séries - et qu'on les encourageait à faire autant de p*tains d'épisodes que possible après la grève. Moi après sept ans, je demande trois épisodes pour terminer la série et ils disent, "allez vous faire voir".
Comment êtes-vous passés de trois épisodes sur NBC à 18 sur ABC ?
B.L. : C'était bizarre, mec. Je pensais qu'on mettrait ces six derniers épisodes sur DVD, histoire de pouvoir finir la série et en être fier, mais le directeur des Studios ABC, Mark Pedowitz, a dit, "Bill, si tu peux rendre la série un peu moins chère, je peux probablement nous obtenir une saison entière sur ABC." Je n'ai pas répondu tout de suite. La première chose que j'ai faite a été de réunir les acteurs et les scénaristes et j'ai dit, "Écoutez, si on fait ça, on doit revenir à quelque chose sur laquelle on peut tous s'éclater créativement parlant." Parce que, personnellement, j'ai senti cette dernière saison que nous étions moins inspirés au niveau comique. Alors je leur ai dit, "Ça veut dire que vous allez tous bosser plus dur. Ça veut dire faire des séquences émouvantes et se débarrasser de toutes les pitreries qui je pense sont faciles à écrire." Et tout le monde a dit qu'il était partant pour une saison de plus.
La série sera-t-elle toujours une comédie ?
B.L. : C'est toujours une comédie, mais quand on a commencé la série, c'était un drama avec des passages comiques et beaucoup d'effets sonores stupides. Mais certains des épisodes les plus forts de la deuxième et la troisième année avaient beaucoup d'éléments comiques. On pouvait toujours faire des choses comme tuer Brendan Fraser ou avoir la femme qui adorait les comédies musicales mourir et ensuite chanter une chanson à la fin. C'est devenu une série très Simpsons-esque avec des moments incroyablement gros, irréalistes et des rêves qui étaient à la fois dans la réalité et pas tout à fait dans la réalité. Quand on écrit cette série pendant sept ans, c'est tellement facile de rentrer dans des standards et d'écrire toujours les mêmes blagues encore et encore: JD aime Turk, JD veut l'approbation du Dr Cox, Elliot est pleurnicharde et névrotique. Mais cette année, ce qu'on va faire sera vraiment très bon. Je pense qu'on va vraiment être sur la même longueur d'onde avec notre vieux noyau de fans.
Est-ce que Ken Jenkins (Dr Kelso) va toujours être un acteur régulier ?
B.L. : Il sera toujours un régulier. La majeure partie de sa participation cette année sera avec le Dr Cox, qui deviendra Chef de la Médecine. Maintenant que le Dr Kelso n'est plus à la tête de l'hôpital, c'est en réalité un être humain convenable et c'est le confident du Dr Cox, parce que Cox ne peut pas vraiment dire à qui que ce soit d'autre à quel point ce boulot craint.
Il paraît que vous cherchiez à embaucher un nouveau Chef.
B.L. : C'est juste un casting temporaire que nous allons faire pour trois épisodes.
Parlez-moi de ces restrictions de budget que ABC a demandées. Allons-nous remarquer quoi que ce soit de manquant ?
B.L. : Non. Nous avons une équipe de scénaristes plus petite et nous tournons un épisode en quatre jours et demi au lieu de cinq. Et vous ne le remarquerez jamais parce que nous avons beaucoup d'acteurs dans la série, mais chaque membre du casting prendra un ou deux épisodes de congé.
Même Zach [JD] ?
B.L. : Même Zach. Souvenez-vous, j'ai fait un ou deux épisodes chaque année où JD n'est pas présent à part pour une ou deux lignes, et un autre personnage fait la narration. Ce n'était pas du tout flagrant. Ça ressemble juste à un choix créatif sympa.
Un gros changement de cap pour cette huitième saison donc. C'est avec beaucoup de crainte que les fans l'attendent, car un déménagement et une réduction de budget risquent de changer beaucoup de choses pour la série, néanmoins Bill Lawrence se dit confiant pour retrouver la qualité des premières saisons de la série.
Merci à Arbu de la High-Five Team pour avoir traduit cette interview !